NETTALI.COM - Selon un communiqué de la présidence de la République malienne, le Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maïga a présenté jeudi sa démission.
Cette démission intervient à quelques heures de l'examen par l'Assemblée nationale d'une motion de censure du gouvernement déposée mercredi par des députés de l'opposition mais aussi de la majorité.
«Un Premier ministre sera nommé très prochainement et un nouveau gouvernement sera mis en place, après consultation de toutes les forces politiques de la majorité et de l'opposition», déclare le communiqué de la présidence.
« La personnalité du Premier ministre cristallisait les critiques depuis plusieurs semaines, d'influents dirigeants religieux musulmans réclamant notamment son départ. M. Keïta a reçu tout au long de la semaine dernière dignitaires religieux, dirigeants politiques et représentants de la société civile, pour discuter de la situation du pays et leur remettre l'avant-projet de loi de révision constitutionnelle qui lui a été présenté le 1er avril par un comité d'experts », explique le site.
« Ces rencontres faisaient suite à une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Bamako le 5 avril contre «la mauvaise gestion du pays», notamment les violences intercommunautaires dans le centre, selon les organisateurs, parmi lesquels d'influents chefs religieux musulmans », informe ma même source.
« Lors d'une allocution radiotélévisée mardi soir, le chef de l'Etat a assuré avoir «entendu toutes les colères, décodé tous les signaux, compris tous les messages remontant» du pays, sans évoquer directement le Premier ministre ni son gouvernement. Il a annoncé l'ouverture d'une «concertation nationale» du 23 au 28 avril avec «les forces politiques et sociales» sur le projet de révision constitutionnelle qui doit être soumis à référendum. M. Keïta est longuement revenu sur la «tragédie d'Ogossagou», en référence à la tuerie le 23 mars de quelque 160 habitants de ce village peul près de la frontière avec le Burkina Faso par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons affirmant lutter contre les djihadistes », ajoute notre confrère.