NETTALI.COM - Oumar Sarr est à la tête des frondeurs du Parti démocratique sénégalais (Pds). Il conteste les dernières décisions de Me Abdoulaye Wade qui met en avant son fils Karim Wade. Il a à ses côtés Babacar Gaye, Me El Hadji Amadou Sall, Bakhaw Ndiongue, Ahmet Fall Braya, Alinar Ndiaye, Sara Boubou Sall, entre autres. Lors de leur rencontre avec la presse ce vendredi, le désormais ex-coordonnateur adjoint du Pds a soutenu que le problème fondamental du Pds, c’est Karim Wade. Compte rendu !
La vérité d’Oumar Sarr sur la Grâce de Karim Wade
«Il y a deux dialogues, en 2016 et 2019. J’ai rencontré pour la première fois le président Macky Sall en 2016, depuis qu’il est au pouvoir, sur la question de la libération de Karim Wade. Après quelques mois de prison, je suis retourné voir Karim et j’ai vu qu’il a dépéri. J’ai dit alors à Karim de me donner l’autorisation d’aller voir le Président Macky Sall uniquement sur cette question-là. J’ai pu rencontrer le Président qui m’a dit qu’il préparait la première session du dialogue national ; et que nous devrions y participer pour dire exactement ce que nous attendons de lui, sur la question de la libération de Karim Wade et sur d’autres combats. Nous sommes allés à ce dialogue du 28 mai 2016 et avons discuté de la libération de Karim Meïssa Wade. Deux mois après, Karim a été libéré. Voilà, notre première participation au dialogue national a été la libération de Karim Wade.
J’avais pris ce risque à l’époque, mais j’avais demandé l’autorisation de Karim d’abord. Une précision : le président Wade qui n’était pas informé de ce que nous pouvions attendre de ce dialogue, avait dit non. Karim a dit oui. Le 27 mai, veille de la journée du dialogue, Karim avait menacé de démissionner du parti, si on ne participait pas au dialogue. Finalement, Abdoulaye Wade avait décidé d’aller dans le sens de Karim Wade.
Et pour le dialogue de 2019, Abdoulaye Wade était pour, il me l’a dit et m’a donné mandat de discuter avec les partis. Mais, Karim Wade était contre. Et finalement, le Pds était contre. Et sur ces questions essentielles, le parti n’intervient pas. C’est là le problème majeur, car le parti doit discuter. Nous sommes obligés de respecter la décision du parti, car il y a une discipline de parti. Mais ça ne peut pas marcher quand une personne ou un groupe de personnes décide à la place du parti. On ne peut pas nous imposer une décision qui n’est pas une décision souveraine du parti», explique le maire de Dagana.
Fronde au Pds
Oumar Sarr considère qu’il n’y a pas de fronde. Ils ont le droit avec eux. Ils sont légitimes pour agir au nom et pour le compte du Pds.
«Nous nous sommes basés sur les textes du parti et n’avons besoin de bénédictions de qui que ce soit. Je considère que je suis le Secrétaire général national adjoint du Pds. Le plus important, c’est que nous puissions nous retrouver pour nous battre autour de l’essentiel. Nous allons mobiliser le parti et nous organiser pour que les lois du parti soient respectées. Selon les statuts du parti, seul le bureau politique peut procéder à des modifications provisoires. L’acte constituant ce secrétariat national-là est illégal, du point de vue des statuts du parti. Sur la question de légalité, de démocratie, de bataille politique, nous n’allons pas reculer. Et si jamais ils prennent et s’appuient sur des mesures illégales, nous iront au tribunal. Parce que nous avons la légalité avec nous. Donc, nous allons continuer à nous battre sur ces questions-là. Nous allons mobiliser les militants. Dès samedi prochain, nous irons à Dagana pour parler avec les militants. Et allons descendre dans chaque département pour constituer cette alliance, à la base.», dit-il.