NETTALI.COM – 55 milliards de Cfa. C’est le montant que le gouvernement du Sénégal a levé la semaine passée sur le marché de l’UUMOA. Cela a servi de prétexte à l’économiste Meïssa Babou qui, dans les colonnes de Sud Quotidien du mardi 12 novembre, alerte de niveau sur la situation de l’endettement du pays. L’universitaire croit savoir que cet endettement à tout-va s’explique par l’ardoise laissée par Amadou Bâ, qui engagé le Sénégal dans des projets éléphantesques comme le Ter ou encore l’autoroute Ila Touba, sans impact sur le réel vécu.
L’économiste Meissa Babou, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) interpellé sur les 55 milliards de francs CFA que l’Etat du Sénégal vient de lever sur le marché financier de l’Union monétaire ouest africaine (Umoa), s’en désole et cloue au pilori l’ancien ministre de l’Economie, des Finances et du Plan Amadou Ba, qui a pourtant été longtemps alerté par les avisés aux fins de limiter les interminables Eurobonds levés sur le marché financier. Pour s’en convaincre, il a tenu à rappeler ceci : «Six (06) mois avant la dernière présidentielle, alors invité à Sud Fm je parlais déjà d’une banqueroute si l’on n’arrêtait pas le ministre Amadou Ba. Aujourd’hui, le temps m’a donné raison. Nous sommes en train de subir les conséquences des actions d’autorités qui ne comprennent que dalle». A l’en suivre: «Le ministre a enfoncé le pays dans des projets inutiles comme le Train Express régional, l’autoroute Ila Touba…».
De mémoire, convoque l’économiste pour étayer son propos. «La Banque mondiale a toujours conseillé le Sénégal. Par exemple avec le Ter, la Banque mondiale n’était pas d’accord. Et quand le Sénégal a levé 1200 milliards sur le marché financier, la Banque mondiale avait recommandé à celui-ci (Sénégal) de garder la moitié pour 2019. Mais, Amadou Ba répondait en ces termes: Nous sommes un pays souverain».
Cette posture assez dommageable, fait-il savoir, «nous a amené à payer cash. Aujourd’hui, nous en sommes à une situation de déséquilibre budgétaire, voire de déficit budgétaire. Et lorsque le pays est dans une telle situation, la Banque mondiale vous freine». D’ailleurs, ajoute-t-il: «Le Sénégal ne pourra plus aller sur le marché financier sans autorisation du Fonds monétaire international (Fmi). Nous sommes sous-ajustement. Parce que nous sommes incapables de payer la dette. Et tant que cette situation n’est pas réglée, aucun accès au marché financier ne sera autorisé par le Fmi».