NETTALI.COM - Dans un entretien avec Sud Quotidien, diffusé ce samedi, le président de la Coalition nationale de l’éducation pour tous (Cnept), Seydi Ababacar Ndiaye démonte les certitudes de ceux qui soutiennent qu’il y a baisse de niveau chez les étudiants.
« On ne peut pas se lever du jour au lendemain pour dire que le niveau a baissé. Il faut des statistiques et des chiffres pour comparer par rapport au niveau des enseignants des années 1980 ou 90. Ce n’est pas en écoutant un étudiant parler en faisant des fautes. Le président de la République fait des fautes graves. C’est un faux débat », déclare-t-il ; poursuivant, il mentionne : » « Si on veut bien mesurer la baisse de niveau, il faut le faire sur la base de statistiques, dans le but de redresser mais pas pour rien. Dire que les enseignants n’ont pas le niveau ou n’enseignent pas, c’est faux ! Nos étudiants, vous les amenez partout dans le monde, ils feront partie parmi les meilleurs ».
Au rayon de la décision du gouvernement d’orienter tous les nouveaux bacheliers dans les universités publiques, il répond : « C’est une décision brutale. Nous, à quelques jours de la tenue des Cnaes, du 06 au 09 avril 2013, avions dit aux autorités que l’orientation des bacheliers dans le privé n’est pas viable. Il fallait accélérer les chantiers en cours depuis la défaite du Président Wade que de construire de nouvelles universités. J’avais même fait une sortie pour dire est-ce-que nous avons besoin de laisser mourir les universités existantes pour laisser émerger de nouvelles. Macky Sall insiste pour construire de nouvelles universités. Il est plus facile de construire des amphithéâtres que des universités. Maintenant, ils se sont rendu compte qu’avec la croissance du nombre de bacheliers que cette démarche-là ne tenait pas. Il y a une mauvaise gestion qui part du sommet de l’Etat avec des gens incompétents. On a tous les éléments nécessaires. Il faut savoir les mettre en concordance pour en tirer des choses positives. Le gouvernement cherche à orienter tous les bacheliers et le reste, il ne s’en occupe plus. C’est à nous de nous débrouiller dans des conditions exécrables »
« L’Etat doit reculer et constater. Un Etat responsable doit avoir l’humilité et la grandeur de rectifier. Il faut qu’on s’inscrive dans une certaine durée, se projeter progressivement pour résoudre les problèmes. L’Etat doit revenir sur sa décision d’orienter tous les bacheliers dans le public. Je me demande même si le ministre de l’Enseignement supérieur avait pris le soin de bien vérifier certains dossiers. Quand s’il avait pris le temps de considérer tous ces paramètres, je suis sûr qu’il n’allait pas prendre cette décision. L’Etat doit apprendre à respecter ses engagements », conclut-il.