NETTALI.COM - Président du mouvement politique citoyen, "Luy Jot Jotna", Cheikh Tidiane Gadio, ancien ministre des affaires étrangères a fait un réquisitoire sans complaisance contre la classe politique, en général et de l'opposition en particulier. Il invite tous les leaders politiques à prendre part au dialogue national lancé par le Chef de l’Etat.

Le dialogue politique lancé par le Chef de l’Etat Macky Sall entre le pouvoir et les partis politiques démarre le 30 mai prochain et va durer deux semaines. Mais, jusqu’à présent des leaders de l’opposition, réunis autour de la coalition "Yewwi Askan Wi", à l’exception de Khalifa Sall, ont indiqué leur désaccord à ce dialogue.

Mais, pour Cheikh Tidiane Gadio, tous les leaders politiques devraient prendre part à ce dialogue. « Vu que la crise est nationale, tous les partis doivent prendre part au dialogue. S’il y’a une seule partie qui boycotte le dialogue, cette partie va handicaper le dialogue. Et ce serait malheureux pour des considérations personnelles ou des questions de stratégies politiques que certains discréditent le dialogue avant même qu’il ne se tienne », a soutenu Cheikh Tidiane Gadio.

Avant d’ajouter : « ce que nous souhaitons encore une fois? c’est du sérieux. C’est le Sénégal, son futur et son destin qui sont en jeu et beaucoup ne semblent pas le comprendre. Est-ce que la classe politique se rend compte que les sénégalais ont peur ? Est-ce qu’elle se rend compte que les sénégalais dorment mal ? Ils sont dans la prédiction de scénarios catastrophes et il faut que la classe politique arrête ».

De l’avis de Cheikh Tidiane Gadio, le dialogue l’objectif principal du dialogue, c’est de régler les fondamentaux de la République du Sénégal.

« L’absence de conversation nationale sur le Sénégal, sur l’Afrique nous a menés vers l’impasse. Et quand on décide de dialoguer, on circonscrit le dialogue à la question politique. Le danger, c’est que nous avons fait des hommes et des femmes politiques dans ce pays qui croient que le monde tourne autour d’eux », regrette-t-il,  tout en constatant que la classe politique est dans un naufrage profond.

«  Il faut que le Sénégal ait le courage d’un virage très fort vers un système de partage du pouvoir et des gestions concertées du pouvoir. On doit arriver à faire réfléchir le président deux fois avant de prendre une décision. Mais dans notre système il n’y a pas de contre-pouvoir qui dit non au président de la République », se désole M. Gadio.