NETTALI.COM - Les arrestations de journalistes et d'opposants notées ces derniers jours, font sortir le mouvement Y’en a marre de ses gonds. L’organisation a tenu à avertir le ́nouveau gouvernement en déclarant que ce qui n’a pas été accepté sous Wade et Macky, ne saurait l’être sous Diomaye.

Le mouvement citoyen Y en a marre a tenu une conférence de presse le jeudi 3 octobre pour se prononcer sur la situation actuelle du pays. Et c'était pour s’insurger contre les nombreuses arrestations d’hommes de médias et de politiques.

« Ce que nous n’avons pas accepté sous le régime d’Abdoulaye Wade en passant par Macky Sall, ne saurait l’être sous Diomaye », avertit sur un ton ferme le rappeur activiste Thiat, rejoint sur ce point par le coordonnateur du mouvement, Aliou Sané qui s’est à son tour indigné de la démarche des nouvelles autorités.

« Ce qu’on n’a vu ces derniers jours, ne va pas dans le sens d’apaiser la démocratie. Il y a six mois en arrière, on n’aurait pas cru qu’au Sénégal, un opposant serait arrêté à quelques semaines des élections législatives pour des délits d’opinion », a-t-il déploré.

Le mouvement a ainsi dénoncé les arrestations jugées infondées, notamment celles de politiciens et de journalistes. Le cas du commissaire Keita par exemple, a été particulièrement mis en avant, Thiat qualifiant le dossier amené en instruction injustifiable, estimant qu'il ne s'agit là que d'un cas qui relève du flagrant délit. « Dire qu'Ousmane Sonko et le président sont en maille, ne devrait pas justifier une détention prolongée », a-t-il déclaré, appelant à un traitement équitable des dossiers dans le cadre des lois.

Les membres de Y'en a marre s'en sont aussi pris au ministre de l’Intérieur, Jean Baptiste Tine avec ses récentes interdictions de manifestations. Pour le groupe ces actions sont en contradiction avec les principes démocratiques. Thiat a exprimé son indignation face à la défense de l’Arrêté Ousmane Ngom par le ministre, soulignant que leur lutte a toujours été de se tenir debout contre l’oppression, peu importe le régime en place.

Selon lui, « on a toujours voulu manifester sous le régime de Macky, pour Pastef sans prendre en compte l'arrêté Ousmane Ngom. Aujourd’hui qu’un ministre de Sonko a le droit de s’appuyer sur cette loi…. si ce gouvernement souhaite une paix durable, il doit respecter notre démocratie», martèle Thiat de Y en a Marre.

Les membres du mouvement ont également évoqué le besoin urgent de justice sociale et de reddition des comptes, tout en condamnant toute forme de chasse aux sorcières. Ils estiment que le gouvernement doit se concentrer sur les véritables défis que rencontrent le pays, plutôt que de s’attarder sur des règlements de comptes. « Nous avons applaudi à l’ouverture du dialogue lors des assises de la justice. Continuons sur cette voie, mais refusons toute forme de piétinement de nos droits », a rappelé Aliou Sané qui considère que leur combat est avant tout pour une démocratie véritable et une justice sociale au Sénégal.

Un message de Y’en a Marre qui résonne ainsi comme un appel à la mobilisation, mettant en garde contre les dérives autoritaires et plaidant pour un respect rigoureux des droits humains.