NETTALI.COM - Entouré de ses avocats, Farba Ngom a fait face aux juges du Pool judiciaire financier. Le député est rentré chez lui au bout de 3 heures d'audition. Rendez-vous dans 15 jours.
L'affaire des 125 milliards de francs ne fait que commencer. Entendu aujourd'hui par le collège des juges d'instruction du Pool judiciaire financier, Farba Ngom est finalement rentré chez lui. Il reste donc libre. Ce dont se réjouissent ses avocats. Maitres Moussa Bocar Thiam, El Hadj Amadou Sall (ancien ministre d’État), Antoine Mbengue, El Hadj Diouf, Alassane Cissé (éditeur, avocat), El Hadj Oumar Youm, Abdou Dialy Kane, Baboucar Cissé, Doudou Mbengue et Doudou Ndoye sont, entre autres, les avocats qui défendent Farba Ngom.
"Les avocats sénégalais et français qui ont l'honneur de défendre les droits de M. Mouhamadou Ngom dit Farba m'ont mandaté pour dire, en leur nom, qu'ils sont des auxiliaires dignes d'une justice honorable qui respecte les droits de chaque personne", a réagi Me Doudou Ndoye à sa sortie du face-à-face entre son client et les juges du Pool judiciaire financier.
Et celui-ci de poursuivre : "Nous sommes venus ici pour protéger les droits de tous les citoyens du monde. C'est pourquoi nous avons voulu ensemble faire, avec les juges du Sénégal, que notre droit soit un droit rassurant qui respecte les libertés de tout le monde." "Aujourd’hui, nous avons eu l'honneur et le bonheur de contribuer à cet ouvrage. Notre client est là. Il rentre chez lui. Nous espérons pouvoir nous reposer. Et dans 15 jours, nous nous retrouverons pour poursuivre les éclairages que nous souhaitons apporter à notre société", a indiqué le porte-parole des avocats de Farba Ngom.
Me Doudou Ndoye estime qu’ils ne peuvent pas eux-mêmes expliquer de façon claire pourquoi leur client est poursuivi. “Ce qu’on a pu voir avec le juge, on le verra avec notre client”, a dit la robe noire. En ce qui concerne le fond du dossier, il estime que cela relève du secret de l’instruction. “Je ne le dirai pas et personne ne le fera. Nous sommes des hommes de droit ; nous respectons la loi”, a-t-il expliqué.
Selon Me Baboucar Cissé, cité par Lesoleil. sn, “le juge nous a reçus, mais il ne nous a pas posé de questions, car nous ne sommes pas encore dans la phase d’inculpation. Nous sommes plutôt dans la phase de discussion”, a-t-il déclaré. “Nous avons demandé au juge un break (une pause) pour pouvoir nous concerter et demander un report. C’est ce que nous avons fait et le juge nous a concédé un délai de 15 jours, c’est-à-dire jusqu’au 27 février, pour nous permettre de nous concerter avec notre client et d’y apporter les éléments qui nous permettront de mieux assurer la défense de ses intérêts”, a-t-il ajouté.
Farba a pu rentrer chez lui après l’audition, car n’étant pas dans une position d’inculpation, comme l’a souligné Me Cissé. Par ailleurs, si le juge a accepté d'accorder à la défense le délai demandé, c’est peut-être dû à l’absence d'enquête préliminaire. “Il a été simplement convoqué et le juge a estimé que compte tenu du fait qu’il n’y avait pas d’enquête préliminaire et que c’est un rapport de la Centif qui a été directement transmis au juge d’instruction par le procureur, il était normal qu’il puisse donner du temps à la personne visée dans le rapport pour pouvoir s’expliquer et éventuellement répondre aux éléments contenus dans le rapport”.
Joint au téléphone, Me Philippe Zeller, l'avocat français de Farba Ngom, confirme : "L'audience a duré environ 3 heures. Maintenant, la procédure se poursuit. Notre client va déferrer à une autre convocation dans 15 jours."