NETTALI.COM - Les partisans de député maire de Agnam, Farba Ngom, convoqué par le Pool Judiciaire financier, se sont rendus au niveau de la juridiction pour soutenir leur mentor. Ils ont été dispersés à coups de grenades lacrymogènes. Le maire de Matam Mamadou Woury et le député maire de Mbao dénoncent.
L'audition de Farba Ngom prévue pour ce jeudi 13 février devant le pool judiciaire financier, a été marquée par une forte tension aux alentours du siège de la juridiction. Plusieurs responsables de l’opposition ont marqué leur présence. Mais c'est sans compter avec les forces de l’ordre qui les ont dispersés à coups de grenades lacrymogènes.
Venu pour apporter son soutien à Farba Ngom, le maire de Nguidjilone a été blessé
Le maire Matam Mamadou Woury Diallo y voit une dictature. « Ce qui s'est passé ce matin quand même est inadmissible, surtout que dans un pays comme le Sénégal, nous avions accompagné notre cher ami l’honorable Farba Ngom pour répondre à sa convocation et arrivé au niveau de la porte, sans rien faire, sans rien dire, les policiers nous ont gazés et il y avait eu plusieurs blessés. Voilà, je pense quand même que c'est inadmissible, on peut dire que le Sénégal n'est plus un pays démocrate, c'est un pays de dictature depuis un an maintenant », a dénoncé le maire de Matam.
L'ancien ministre et député Abdou Karim Sall a abondé dans le même sens.
« La procédure de levée de l'immunité parlementaire de Farba Ngom a été escamotée pour une raison qu'on ignore. La levée a été faite sur la base d'une précipitation qui n'a pas suivi toute la procédure sciée. Malheureusement, je pense que ça ne devait pas se passer de cette manière. Nous sommes là pour lui apporter notre soutien en tant que frère, en tant que parent, en tant que collègue député, membre du groupe parlementaire que nous partageons, bien sûr. La première injustice faite à Farba Ngom, c'est de lui avoir refusé le poste de 8e vice-président. C'est là où tout a démarré et peut-être qu'ils avaient une idée derrière. C'est la raison pour laquelle je pense qu'aujourd'hui, nous sommes là pour lui apporter notre soutien », a argué le maire de Mbao.
Babacar déplore le manque de motivations
Ancien membre du PDS, Babacar Gaye a déploré le fait que l’Assemblée nationale a levé l’immunité parlementaire du maire d’Agnam “sans connaître les motivations du gouvernement”. Or, dit-il, cette immunité parlementaire protège l'institution parlementaire et non Farba Ngom. “Il aurait fallu que l’Assemblée nationale eût tous les éléments qui puissent corroborer leur conviction, qui puissent faire de sorte qu’en enlevant l'immunité parlementaire de Farba Ngom, au moins qu’ils l'assoient sur des motivations qui nécessitent qu’il aille répondre à la justice. Cela n’a pas été fait”, a indiqué M. Gaye. “Aujourd'hui, ils ont tergiversé au moins pendant trois semaines. Ils viennent de le convoquer devant l’instruction du pool financier. Nous allons attendre les résultats obtenus”, a-t-il ajouté. Il estime que c’est un dossier politique soulevé par le Premier ministre. “Le peuple est libre et n’acceptera jamais une dictature qui s’installe. La question politique qui a été soulevée par Ousmane Sonko, depuis l’élection législative, décidant que Farba allait définitivement cesser d'être un homme politique dans son Fouta, me semble être une décision politique qui a besoin d’une réponse politique”, a dit Babacar Gaye. Et selon lui, cette réponse doit être apportée par les démocrates et par tous les républicains.
Ainsi, il demande aux soutiens de Farba Ngom et à l’opposition d’intensifier leurs activités. “Tous ceux qui soutiennent Farba Ngom doivent comprendre ce qui est arrivé ce matin. Ça va s’intensifier. Il faut qu’il se prépare à faire face, à être plus rigoureux dans leur manière de poser une réplique politique, à cette option politique d’Ousmane Sonko d’emprisonner tous ceux qui ont géré ce pays avec le président Macky Sall. En s’attaquant d’abord à Farba, on s’attaque à Macky Sall parce que c’est l’un de ses fidèles, on s’attaque à la structure même de l’APR, on s’attaque à l'opposition de manière générale”, a rappelé l’ancien membre du PDS. Il souligne qu’ils sont en train de s’organiser dans le cadre du Front de défense de la démocratie et de la République. “Comme naguère, ils l'ont fait en terrassant Diouf, Wade et récemment Macky Sall. Il est temps que les Sénégalais s’organisent et comprennent les enjeux de l’heure et la gravité du moment. Naturellement, ils terrasseront ce régime qui me semble installer une dictature dans ce pays”, a ajouté M. Gaye.