NETTALI.COM - Y'en a marre reprend les armes. Les responsables dudit mouvement ont rencontré la presse ce mardi 18 mars pour fustiger la proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie faite par le député Amadou Ba. Selon eux, on est face à une situation pire que celle créée par le quart bloquant de Wade qui avait poussé les Sénégalais à investir la rue en 2011. 

Y'en a marre veut une "abrogation pure et simple" de la loi d’amnistie votée sous le régime de Macky Sall. Face à la presse ce mardi, les responsables dudit mouvement ont dit leur opposition à la loi interprétative proposée par le député Amadou Ba à la place d'une abrogation totale. Le rappeur Thiat qui a parlé au nom de ses camarades, rappelle que "des Sénégalais sont morts et des bien détruits. Le monde entier avait les yeux rivés sur nous".

Selon lui, c'est dans ce contexte que Macky Sall n'a trouvé rien de mieux à faire que de proposer une loi d’amnistie à laquelle les Sénégalais se sont opposés. "Mais grâce à sa majorité mécanique, la loi est passée comme lettre à la poste", regrette Thiat. Qui rappelle que les autorités actuelles avaient promis d'abroger la loi d’amnistie.

"Ousmane Sonko en avait même fait un cheval de bataille lors des législatives. Aujourd’hui, le Pastef nous propose une loi interprétative. Qu’ils nous respectent", tonne le rappeur.

A en croire ce dernier, la proposition du député Amadou Ba est "plus grave que celle du quart bloquant d’Abdoulaye Wade". "Nous appelons les Sénégalais et les forces vives de la nation à se préparer, car nous mettrons les députés face à leurs responsabilités. Cette interprétation ne doit pas passer", dit-il. Avant de s'adresser aux nouveaux tenants du pouvoir : "Souvenez-vous que c’est le peuple qui vous a mis là où vous êtes. Nous ne sommes pas amnésiques, sachez-le. Nous voulons que cette loi saute. Sinon, vous aurez le peuple en face."

Et Y'en a marre d'interpeller directement le président de la République. "Nous mettons le chef de l’État face à ses responsabilités. Nous l’avons vu poser un acte fort en démissionnant de son poste de secrétaire général de son parti. Et tout le monde a applaudi. C’est le moment pour lui de prouver sa bonne foi en prenant une décision courageuse", estime Thiat.