NETTALI.COM- Face à la polémique autour de la proposition de loi interprétative sur l’amnistie, la présidente de la Commission nationale des droits de l’homme ( Cnd) , Amsatou Sow Sidibé a appelé à des concertations. Elle pense qu'il faut réfléchir d'abord sur la meilleure solution pour les victimes des événements de mars 2021 à 2024.
La société civile, des universitaires, des parlementaires, se sont réunis ce jeudi 27 mars à Dakar pour réfléchir autour de la controversée loi d'amnestie. Pour la présidente de la Commission nationale des droits de l'homme( Cndh), il est important que les tensions soient apaisées, les responsabilités situées, mais dans le respect des droits humains. « Il faut que les responsabilités soient situées et que la redevabilité aussi soit une conséquence de cette responsabilisation. Mais notre question est la suivante, comment y arriver ? Et alors, voilà pourquoi, étant donné que nous avons observé qu'il y avait des tiraillements, nous préférons qu'il y ait des concertations, un dialogue autour de cette question et après on va voir comment ça va se passer au niveau de l'Assemblée nationale », a lancé Amnasatou Sow Sidibé.
Elle insiste: « encore une fois, pour nous, c'est extrêmement important parce qu'il y a un principe sacro-saint des droits humains qui est le principe de l'interdépendance entre les droits humains, la démocratie, le développement et la paix. S'il n'y a pas de paix, il n'y aura pas de développement, il n'y aura pas de démocratie et il n'y aura pas respect des droits humains. Donc, la cohésion sociale aujourd'hui nous importe beaucoup ».
Le représentant régional du bureau de l'Afrique de l'Ouest du Haut commissariat aux droits de l'homme a abondé le dans le même sens. Pour Robert Kotchani pense que la concertation était même un préalable avant le vote de la loi d’amnistie.
C’est pourquoi il regrette que le gouvernement sortant n’ait pas rendu les rapports d'enquête. « Que le gouvernement ait présenté un livre blanc en son temps et qu'il n'y a pas eu d'enquête. Je suis sûr qu'il y a eu des enquêtes, mais ces enquêtes n'ont pas été rendues publiques à notre connaissance. Or il est important que la population sache, ceux qui sont morts, comment sont-ils morts ? » a plaidé le fonctionnaire onusien.
En effet, argue-t-il, « le fait de rendre ces informations publiques, même sans citer les noms des auteurs, permet à nous autres, Nations unies, droits de l'homme, Commission nationale et même la société civile, de voir quels efforts de renforcement des capacités nous pouvons faire vis-à-vis des forces de sécurité. Est-ce qu'il faut demander que le gouvernement mette à leur disposition des armes non létales ? »