NETTALI.COM - 6 mois dont 3 mois fermes. C'est la peine que risque le journaliste Aliou Top. Le patron du site Sunugal24 a en effet été attrait, le mercredi 2 avril 2025, à la barre des flagrants délits de Dakar pour diffusion de fausses nouvelles et discours incitant à la discrimination et contraire aux bonnes mœurs.

C'est le 16 avril 2025 que le journaliste Aliou Top sera donc édifié sur sort. En attendant, le parquet demande qu'il soit condamné à 6 mois dont 3 mois fermes pour diffusion de fausses nouvelles, discours incitant à la discrimination et contraire aux bonnes mœurs. Le maître des poursuites juge en effet que les propos pour lesquels, le prévenu est poursuivi, sont dangereux pour la cohésion nationale et même sous-régionale.

En effet, lors d’une émission, le directeur de publication du site sunugal24 a évoqué l’existence d'un projet peul dans la sous-région. Selon ses dires, ledit projet vise à élire des Chefs d’État peul dans les deux Guinées, le Sénégal, le Burkina, le Mali. Il a également allégué que la radio Fulbe est financée par la France.

Devant les juges, Aliou Top a déclaré être trompé par sa source. " J'ai été induit en erreur par ma source. J'avais foi en elle. Pendant 12 ans d'exercice c'est la première fois que je me trompe", s'est défendu le journaliste. Il dit également s’être trompé de nom en parlant de Radio Fulbe car il voulait dire Fulfulde RFI.

Aliou Top a fini par présenter ses excuses aux parties civiles qui sont membres de l’association pour la cohésion nationale.

Me Saly Mamadou Thiam juge lui ces propos dangereux. Aussi, a-t-il réclamé le franc symbolique à titre de dommages et intérêts.

Le parquet n'est pas pour sa part convaincu du repentir du prévenu, qui, dit-il, cherche juste à se tirer d’affaire en soutenant avoir été trompé par sa source, alors qu'il disait détenir des audios à l'enquête pour soutenir ses allégations. Il a ainsi demandé au tribunal de sévir pour freiner les auteurs de discours ethniciste.

La défense a elle aussi condamné les propos de son client. Toutefois, elle a sollicité la clémence, compte tenu des excuses du journaliste avant même les poursuites.

Aliou Top est donc à l’écoute du tribunal qui a le dernier mot.