NETTALI.COM - Au terme des débats épiques de plus de dix heures, le mercredi 2 avril, entre les partisans du pouvoir et de l'opposition, les députés de la 15e législature ont finalement voté la proposition de loi n°05/2025, portant interprétation de la loi n°2024-09 du 13 mars 2024 relative à l’amnistie, à une large majorité. “Sur 165 députés composant l'Assemblée nationale, 146 ont pris part au vote.

En effet, "sur les votants, 126 ont été favorables, 20 contre la proposition de loi, 0 abstention”, a noté le président de l'Assemblée nationale Malick Ndiaye. De l'avis du président du groupe parlementaire, l'actuelle majorité a juste réparé les failles dans la loi d'amnistie de 2024, qui avait instauré une impunité totale.

C'est une loi qui vient clarifier les choses, pour dire qu'on ne peut se baser sur cette loi pour soustraire de la justice ceux qui ont torturé, tué, assassiné des Sénégalais. Voilà le sens de ce texte que nous venons d'adopter”, souligne- t-il.

Il faut noter que lors du vote de cette proposition de loi, l'ombre des forces de défense et de sécurité a plané sur l'hémicycle. Pour certains députés de l'opposition, c'est principalement elles qui sont visées. Ce que les députés de la majorité se sont évertués à corriger. D'ailleurs, pour porter la réplique, Amadou Ba a rappelé que c'est le président Diomaye qui a nommé un ancien militaire à la tête du ministère des Forces armées, un ancien gendarme à la tête du ministère de l'Intérieur et un magistrat à la Justice. “Personne ne peut défendre les forces de défense et de sécurité ou les magistrats - avec lesquels vous voulez nous mettre en mal - mieux que ces ministres que je viens de citer”, a-t-il riposté.

Le vote de la loi a été marqué par des divergences tout au long des débats avec l'opposition parlementaire, principalement celle de "Takku Wallu" qui a déposé autour de 15 amendements. Des amendements qui n’ont toutefois pas été lus en séance, faute de temps et en raison de désaccords sur le règlement intérieur.

Le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, ainsi que son homologue du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions, Abass Fall, ont défendu le projet devant l’hémicycle.

La majorité parlementaire a estimé qu’« aucun argument sérieux n’a été avancé par l’opposition », laquelle reste ferme sur sa position et met en garde contre « les risques que pourrait comporter cette interprétation de la loi »