NETTALI.COM - Plusieurs fois interpellés, ce mercredi 2 avril, à l'Assemblée nationale sur les "lenteurs judiciaires", Ousmane Diagne a défendu les magistrats. Droit dans ses bottes, le ministre de la Justice assure qu'il ne fera jamais pression sur les magistrats. 

Ils sont de plus en plus nombreux les partisans du pouvoir qui se plaignent des lenteurs de la Justice. Selon eux, la Justice traîne un peu les pieds au moment où les citoyens s'attendent à des arrestations dans le cadre notamment la reddition des comptes. Des préoccupations que les députés de la majorité ont partagé avec le ministre de la Justice. Ce dernier a tenu à mettre les points sur les "i".

Ousmane Diagne commence par rendre "un vibrant hommage aux magistrats qui, jusqu'à présent, abattent un travail remarquable en toute indépendance et dans un professionnalisme qui ne laisse place à aucun doute". Il ajoute : "Je crois que compte tenu justement de mon expérience dans la Justice, en tout cas de l'expérience qu'on me crédite , que je me permette, dans la précipitation et en exerçant une pression sur la justice ou sur ceux qui l'incarnent, je deviendrais ce qu'on l'autre appelait une forme d'inexactitude terminologique."

Le ministre de la Justice assure qu'il ne mettra jamais de pression sur les magistrats. "Je n'ai jamais accepté qu'on fasse pression sur moi surtout dans un sens déterminé. Qu'on ne compte donc pas sur moi pour exercer la moindre pression sur les magistrats du siège. Je n'ai aucune autorité sur eux. Je sais qu'ils font un excellent travail. Je crois que c'est la plus grande innovation de notre  époque, il leur arrive de rendre des décisions en parfaite contradiction avec les réquisitions du parquet. Et je n'ai jamais eu à faire la moindre observation encore moins la moindre critique. C'est de leur responsabilité, c'est de leurs prérogatives. Le seul moyen qui s'offre à nous est de faire usage des voies de recours reconnues par la loi. Je suis extrêmement satisfait de la façon dont la justice est rendue, dont les magistrats s'acquittent de leurs obligations, de leurs prérogatives", a-t-il laissé entendre.

Ousmane Diagne dit à qui veut l'entendre que "la justice a changé". "Il n'est plus dit qu'un opposant ou quelqu'un qui est en délicatesse avec le pouvoir, s'il a des problèmes, qu'il soit entendu par la police, par un juge ou qu'il soit jugé que les gens s'attendent fatalement à une condamnation. Il est arrivé qu'il ait eu des décisions de relaxe, de classement sans suite que nous assumons en toute responsabilité", souligne le Garde des Sceaux.