NETTALI.COM - Lors du débat sur la loi interprétative de l’amnistie, le député Thierno Alassane Sall n’a pas mâché ses mots, dénonçant ce qu’il considère comme une manipulation de la majorité et une tentative de manipulation juridique de la part du Pastef. Durant son intervention, il a souligné que sa proposition de loi, déposée le 18 février 2025, avait suscité des réactions en chaîne au sein du Pastef, parfois qualifiées de hystériques.

« On a essayé de me dénier le droit de déposer une telle proposition. Cela a frisé le burlesque et le ridicule », a-t-il affirmé, faisant référence aux tentatives de minimiser sa proposition. Il a aussi déploré les manœuvres d’un député de la majorité qui a prétendu à travers les ondes de RFM, que deux propositions de loi avaient été déposées avant la sienne. « Ce genre de manipulations grossières n’a pas convaincu l’opinion publique », a-t-il ajouté.

Pour Thierno Alassane Sall, le régime actuel a opté pour une ruse juridique visant à adapter la loi d’amnistie à sa convenance. Il a critiqué le rejet de sa proposition par la majorité, qu’il jugeait fondé sur un prétexte fallacieux d’aggravation des charges financières et a dénoncé un coup de force parlementaire. Selon lui, le véritable objectif était de permettre au Pastef de reprendre l’initiative pour modifier la loi d’amnistie.

Loin de se laisser intimider, Thierno Alassane Sall a affirmé que la proposition de loi interprétative soumise par la majorité, était en réalité une modification déguisée. « Cette proposition ne vise pas à interpréter la loi, mais bien à la modifier. Il est évident que le Pastef, dans sa précipitation, cherche à masquer la réalité objective de ses intentions », a-t-il souligné, faisant référence à la tentative ratée du Pastef de proposer une première version rapidement rejetée.

Plus largement, le député a dénoncé ce qu’il a qualifié de « monstruosité juridique » et d’ «  morale ». Selon lui, cette loi ne protège pas les victimes, mais « ouvertement des criminels », en opérant un tour de passe-passe juridique qui met les droits des criminels au-dessus de ceux des victimes. Il a également fustigé l’absence de concertation avec les organisations de la société civile, qui avaient plaidé pour une discussion plus large sur la question.

Enfin, il a rappelé que des universitaires avaient déjà exprimé leur désaveu de l’amnistie, affirmant qu’aucune disposition ne s’opposait à une abrogation de la loi après l’élection présidentielle. En rejetant ces propositions, Sall estime que le gouvernement et le Pastef se sont mis dans une posture qui exclut toute alternative juste et équilibrée pour le pays.