Monsieur Ayib Daffé, vos propos tenus hier à l’endroit de la société civile sont tout sauf honorables. En tant que représentant du peuple, votre rôle n’est pas d’attaquer la société civile, encore moins de dire des contre-vérités devant le peuple sénégalais.

Monsieur Daffé, le 07 janvier 2025, une délégation de la société civile est venue vous rencontrer pour vous parler d’un projet portant sur le maintien de la paix au Sénégal. Je faisais initialement partie de cette délégation dont le rendez-vous était fixé à 12h dans vos bureaux à l’Assemblée nationale.
Jusqu’à 13h, vous n’étiez pas là et injoignable sur votre téléphone portable. Les camarades ont essayé de vous joindre, votre assistante également. Et vous aviez tout bonnement éteint votre téléphone. À 13h, nous avions pris la décision de partir car cette attitude nous a semblé irrespectueuse envers une délégation composée d’autorités de la société civile.
À 14h, vous avez cru bon de rappeler l’un d’entre nous pour présenter des excuses disant que vous étiez retenu quelque part. Sans doute que vous pensiez que nous ne reviendrions pas. Pas de chance pour vous car notre démarche était vraie et sincère. Certains d’entre nous, encore dans les environs, sont venus vers vous. Me concernant, lorsqu’on m’a demandé de revenir alors que j’étais déjà loin, j’ai décliné car le respect ne se négocie pas.
Les échanges ont tourné autour des initiatives de la société civile pour le maintien de la paix. Si vous avez un agenda bien tenu, et pas caché, vous pouvez vérifier mes propos.

Monsieur Daffé, savez-vous que le Président de l’ONDH, Professeur et avocat a rendu visite à SEM Bassirou Diomaye Faye lorsqu’il était en détention et qu’il s’en est suivi un entretien de près d’une heure au cours duquel des conseils lui ont été prodigués ? Savez-vous que, en tant qu’avocats, nous avons défendu becs et ongles des manifestants dont certains, sur la toile, me liront sûrement?
Vous devez naturellement ignorer tout ceci. Car nous n’avons nul besoin de nous targuer de nos actions.

Un moment donné, Monsieur Daffé, il faut que les choses soient claires. Nous ne sommes ni avec le pouvoir ni avec l’opposition. Nous sommes avec le peuple sénégalais et cherchons quotidiennement à améliorer sa condition. Nous veillons à ce que les élus prennent des décisions qui protègent les intérêts de tous les sénégalais, sans le moindre regard partisan. Et nous alertons et défendons les principes d’une société équitable à l’égard de tous les sénégalais, d’où qu’ils soient et quelle que soit la couleur politique qu’ils revêtent.
Si nous voulions faire de la politique, nous aurions fait de la politique. Rien ne nous en empêche étant des dignes filles et fils de ce pays.

Mais c’est bien connu, Monsieur Daffé. La société civile est attaquée à chaque fois qu’elle ne va pas dans le sens que vous les politiques souhaitez.
Monsieur Daffé, la vérité est que vous fuyez les rencontres avec la société civile. C’est donc vous, Monsieur Daffé, qui êtes coutumier de la fuite en avant!
Vous tous, Président de la République, Premier ministre et autres responsables politiques au pouvoir êtes devenus inaccessibles. Le seul d’entre vous qui reste encore ouvert est le Président de l’Assemblee nationale. Et c’est fort appréciable.
Cette inaccessibilité est peut-être due à vos différentes occupations. Dont acte !
Mais dans ces conditions, reprocher à la société civile de réagir tardivement, ou chercher à la dénigrer en faisant état de financements, est une attitude malhonnête. Vous avez également nos coordonnées et savez où nous sommes. Mais ce qu’on dit ne vous intéresse pas, encore moins nos avis sur les situations et décisions qui concernent le peuple sénégalais.
Mes aînés dans notre cause commune souffrent davantage de votre inaccessibilité.

Monsieur Daffé, nous ne sommes pas une société servile qui cherche à s’attirer les honneurs des dirigeants. Rendez vous disponibles et coopérants, et vous verrez ! Rendez vos propositions de loi et autres amendements accessibles, et vous verrez bien.

Les attaques ciblées à notre encontre, dans le seul but de nous décrédibiliser aux yeux de l’opinion publique, sont une attitude triste et lamentable. Il en faudra cependant plus pour nous réduire à une peau de chagrin.
Faites votre boulot, à savoir faire de la politique politicienne. Et laissez nous jouer notre rôle en défendant avec vigueur les principes directeurs d’une société démocratique.
Vous n’avez nul besoin de nous indexer pour vous offrir une légitimité dérobée car fondée sur des déclarations erronées.
Soyez responsable. C’est ce qu’on attend d’un représentant du peuple admis à prendre la parole à l’Assemblée nationale.
Si mes propos ne sont pas avérés, j’attends votre démenti.

Albert Einstein disait, Monsieur Daffé, que « L’effort d’unir sagesse et pouvoir aboutit rarement et seulement très brièvement ». Vos déclarations me forcent à le croire.

Mes salutations.

Abibatou SAMB, avocate, membre de la société civile