NETTALI.COM - Comme promis, le président de la République a fait face à une partie de la presse, hier. Il a abordé diverses questions.

Face à des journalistes choisis pour la circonstance, le vendredi 4 avril, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a abordé diverses questions d’actualité nationale. Dans ce cadre, il a annoncé la tenue prochaine du dialogue national. Ce sera le 28 mai 2025. Les termes de référence sont déjà établis et envoyés aux acteurs politiques pour qu’ils envoient leurs contributions ou amendements.

Je n’attends pas qu’une situation de crise se présente pour instaurer un dialogue. Je reste convaincu que le gouvernement gouverne, l’opposition s’oppose. Ceux qui ont voté contre Diomaye ont voix au chapitre. J’espère qu’on aura un débat technique et politique sain. C’est ce que nous avons toujours prôné. J’espère que les acteurs y répondront”, a-t-il déclaré. Car, considère-t-il, “le statut de l’opposition est important. L’opposition a un rôle à jouer. La divergence est une diversité et la diversité est une richesse”.

Mais certains peuvent douter de la sincérité de cet appel, au vu des tensions politico-judiciaires. Mais Bassirou Diomaye Faye tempère. “Quand on arrête un opérateur économique, les gens ne parlent pas de manoeuvres politiques. Mais quand on arrête un homme politique, on voit la main des politiciens et ce n’est pas normal”, a-t-il dit. Mieux encore, “la justice fait son travail en toute indépendance, aujourd’hui”, a dit Diomaye. D’ailleurs, d’après lui, c’est ce qui explique, en partie, les lenteurs notées dans la diligence de certains dossiers. “Le temps de la justice n’est pas celui du peuple. On ne peut déterminer le temps dans lequel la justice fonctionne. Il y a un déficit de magistrats aussi et c’est ce qui explique certaines lenteurs. Mais il faut également le dire, si la justice est lente, c’est parce qu’on ne lui dicte plus son tempo. Elle travaille sereinement. La justice n’est pas téléguidée”, a dit le président de la République.

À ceux qui voient à travers certains actes posés, une volonté d’arrêter l’ancien président Macky Sall, Diomaye se veut clair : rien n’est fait pour aller dans ce sens. Mais, précise- t-il, “je ne sais pas qui a fait ou n’a pas fait. Des gens ont géré pendant 12 ans, ont assumé des responsabilités. Ils doivent rendre des comptes. Il n’y a rien qui dit qu’on va arrêter Macky Sall, mais on a une responsabilité morale et historique d’informer les Sénégalais sur la gestion de ceux qui nous ont précédés. S’il est poursuivi demain, c’est entre la justice et lui. Ce n’est pas moi. Je ne fais pas de fixette sur lui (Macky Sall). La seule chose qui peut sauver les gens est d’être juste. On respecte la présomption d’innocence de tout le monde. Mais ceux qui ont commis des écarts devront répondre si une enquête établit cela”. Cette déclaration ne vise pas que les anciens gouvernants. “Je n’ai pas de coude à mettre sur un quelconque dossier. Les corps de contrôle sont là et quiconque tombe dans des travers punis par la loi devra répondre, quel que soit son camp”, a-t-il assuré.

En outre, a-t-il ajouté, “on n'a ni voté ni supporté la loi d’amnistie. La loi interprétative votée aujourd’hui à l’Assemblée nationale, on va considérer que c’est une loi votée par tous les Sénégalais. Cette loi, quand elle sera promulguée, aura des incidences. Tout le monde est présumé innocent pour l’instant. Ce sera une enquête qui déterminera les responsabilités des uns et des autres, et les gens devront répondre”.

Avant le dialogue politique, se sont tenus des échanges autour de la justice. Des réformes ont été annoncées, des demandes formulées, dont le départ du président de la République du Conseil de la magistrature. Concernant cette requête, le chef de l’État dit avoir discuté avec les membres du conseil, a écouté tout le monde, mais a conclu que “ce n’est pas le moment pour que le président parte du Conseil de la magistrature”.

Sur un autre registre, Bassirou Diomaye Faye est revenu sur sa volonté de donner plus de pouvoir au Premier ministre. “Il y a trop de pouvoirs entre les mains du président. Dans un gouvernement, c’est une collégialité. Je veux être davantage aidé dans mes tâches pour plus d’efficacité. Je ne m'efface pas. Je n’embrasse pas trop pour ne pas mal étreindre”, a-t-il argué.

Bassirou Diomaye Faye est revenu sur la situation politique du pays. Ainsi, il a abordé la question de la renégociation des contrats. Cela a donné des résultats satisfaisants et les Sénégalais s’en rendront compte, a promis Bassirou Diomaye Faye. Aussi, la relance économique a-t-elle débuté depuis longtemps et dans le projet Vision 2050, il y a un projet de redressement, d’impulsion économique et d’accélération.

Concernant les licenciements notés dans certains secteurs, BDF considère qu’un “contrat reste un contrat". Nous souhaitons que tous les jeunes aient un travail. On sait ce qu’entraine la perte de travail. Nous n’avons pas recruté ces gens en termes de régime, mais c’est l'État du Sénégal. Ils avaient des contrats à durée déterminée. On peut renouveler ces contrats à la fin ou pas. Pour l’essentiel des contrats, c'était cela le cas. On a recruté des gens dont on n’avait pas besoin. Et on a jugé nécessaire de ne pas les renouveler”, a-t-il dit. Il a rappelé que les institutions nationales ne doivent pas servir à “caser une clientèle politique”. Ainsi, “une entité publique n’est pas faite pour cela”, a-t-il insisté. “On ne peut pas garder des travailleurs dont une structure n’a pas besoin pour condamner cette structure à une mort certaine. Il n’y a rien de politique”, a-t-il ajouté.

Concernant le pacte de stabilité sociale, Bassirou Diomaye Faye a informé qu’ils ont parlé aux acteurs et les discussions se poursuivent. Mais la situation du pays impose une certaine compréhension venant des acteurs. “Nul ne doit croiser les bras. On veut répondre aux revendications des syndicats, mais quand c’est impossible, c’est impossible. S’ils ne travaillent pas, la situation va s’aggraver”, a-t-il ajouté.